Mesdames les Ministres,
Nous vous écrivons de toute urgence au sujet de ce qui est en train d'avoir lieu à la 61e session de la Commission de la condition féminine de l'ONU (CCFNU) se déroulant au siège des Nations Unies à New York. Comme vous le savez, les États participant négocient et finalisent à l’heure actuelle les conclusions convenues sur le thème prioritaire de cette année « Autonomisation économique des femmes dans un monde du travail en évolution ».
Toutefois, la version préliminaire qui présentait le rôle important de l'Organisation internationale du Travail (OIT) dans la mise en œuvre et la surveillance des conclusions convenues de la CCFNU, ainsi que les références spécifiques aux conventions de l’OIT et à la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail ont été retirées. De telles actions non seulement minent le statut et la légitimité de l’OIT, mais risquent aussi de priver les femmes de protections et de normes essentielles en milieu de travail.
Sans une surveillance active d’une tierce partie, les principes contenus dans ce document deviennent des gestes creux, qui contribuent peu à faire progresser les protections des droits en milieu de travail pour les femmes à travers le monde. Unifor, de concert avec d’autres syndicats internationaux et nationaux, croit qu’il est impératif que l’OIT agisse en tant qu’instance internationale clé qui assure la responsabilisation des États afin que les engagements pris dans cet important document soient mis en œuvre.
Il s'agit là d'une occasion fondamentale d'avoir le soutien de la CCFNU à l’égard de la Convention de l'OIT sur la violence faite aux femmes et aux hommes dans le monde du travail. Bien que les femmes soient concernées de façon disproportionnée par la violence en milieu de travail, la seule manière que la convention proposée pouvait recevoir de l’attention était d’inclure les hommes. L’OIT examinera cette Convention dans sa prochaine session en 2018. Les principes exposés dans les conclusions convenues de la CCFNU exerceraient des pressions sur les pays membres, et les compagnies qui y sont établies, pour appuyer et maintenir ces principes. La violence quotidienne qui existe dans certains pays est horrible.
En tant que pays participant à ces négociations, nous réclamons de façon urgente que le Canada demande que le rôle effectif et à part entière de l’OIT soit réaffirmé dans le document et que les références aux Conventions de l’OIT et à la Déclaration relative aux principes et droits fondamentaux au travail soient rétablies. Alors que les conclusions convenues doivent être finalisées cette semaine, il est impératif d'intervenir immédiatement.
Nous espérons que vous agirez rapidement pour renverser cette omission. Nous vous remercions de votre soutien et collaboration.
Sincères salutations,
Jerry Dias
Président national