Le 3 mai, 2017
Cette année, la Journée mondiale de la liberté de la presse est d’autant plus importante que le journalisme fait face à de nouvelles menaces sans précédent dans le monde entier.
Des forces armées qui investissent les salles de presse en Turquie au nombre record de journalistes assassinés au Mexique, en Afghanistan, en Iraq et dans beaucoup d’autres pays, en passant par l’hostilité ouverte du président américain à l’égard des médias, Unifor reconnaît le dévouement des journalistes et des professionnels des médias qui travaillent avec ardeur tous les jours, mettant même leur vie en danger pour informer le public. Leur travail incroyable apporte une contribution précieuse au maintien de la démocratie.
Le Canada a glissé de quatre rangs dans le classement mondial de la liberté de la presse 2016 établi par Reporters sans Frontières, après avoir dégringolé de 10 places l’année précédente. En novembre dernier, au Québec, on a appris que les forces policières espionnaient au moins six journalistes et détenaient 24 mandats pour mettre sous écoute le téléphone du journaliste Patrick Lagacé, afin de découvrir à qui ils parlaient de corruption policière et qui divulguait de l’information aux médias. Dans un autre cas qui attire l’attention des médias partout dans le monde, Ben Makuch, journaliste de Vice, risque la prison pour avoir refusé de remettre à la GRC les messages textes qu’il avait échangés avec un combattant de l’État islamique provenant du Canada. Ces actions policières agissent comme un frein sur les journalistes lorsqu’ils cherchent des sources et préparent leurs reportages.
Ce sont des histoires que le public doit connaître. Les journalistes et leurs sources ne doivent pas avoir peur de dénoncer la corruption policière, s’il y a lieu. Toutes les démocraties sur la planète s’étonnent que leurs jeunes gens se rallient à l’État islamique. Pour mieux comprendre ce phénomène et y mettre fin, nous avons besoin de journalistes comme Makuch pour raconter l’histoire de ces jeunes. Ce travail de journalisme améliore la sécurité de chacun de nous. Pourtant, les tactiques musclées de la police le mettent en péril.
Une démocratie saine passe par la vigueur et la liberté de la presse. En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, Unifor demande au gouvernement fédéral de veiller à ce que les médias continuent de prospérer au Canada.
Le Canada est l’un des rares pays au monde qui n’a pas de loi protégeant la confidentialité des sources. Il est temps d’y remédier. Unifor demande de nouveau au gouvernement fédéral de passer à l’action et d’adopter le projet de loi S 231 pour mieux protéger les sources confidentielles et compliquer la tâche aux policiers qui souhaitent espionner les journalistes.
En tant que principal syndicat du secteur des médias au Canada, Unifor joue un rôle de chef de file dans ce dossier en soutenant les Journalistes canadiens pour la liberté d’expression dans les efforts qu’ils déploient pour aider Makuch et en participant aux travaux du groupe de travail sur l’espionnage de la Fédération internationale des journalistes.
Au Canada, une menace grave pèse déjà sur le journalisme de qualité alors que la révolution numérique mine le modèle de financement des nouvelles locales axé sur la publicité. Unifor s’applique aussi à trouver une solution à cette crise.